En 1660 Antoine, alors âgé de vingt ans, orphelin de père et mère depuis quelques années, fait partie d’un groupe de 9 coureurs des bois qui accompagnèrent le pére René Ménard dans une expédition vers les Pays d’En-Haut, à la Baie de Chequamogeon, une anse du Lac Supérieur, aujourd’hui, au nord du Wisconsin. Le missionnaire Ménard tentait d’évangéliser les indiens autochtones pendant que ses compagnons s’adonnaient à la traite des fourrures. Le récit de ces trois ans de voyage est rapporté dans l’ouvrage de Louise Phelps Kellogg
The French Regime in Wisconsin and the Northwest. À son retour Antoine s’installe dans la région de Trois-Rivières, sa région natale où il rencontre et épouse Catherine Lefebvre, fille de Pierre Lefebvre et Jeanne Auneau.
Il est possible qu’il ait continué ses activités de coureur des bois car les lieux de naissance de ses six premiers enfants ne sont pas connus. Menait-il une vie de nomade? c’est possible mais tout laisse croire que ses activités consistaient à engager des jeunes gens qui, pour son compte, traitent les peaux avec les indiens.
Au recensementn de 1681 à Batiscan, il possède 100 arpents de terre cultivés, 30 bêtes à corne, 2 fusils. Antoine est dit âgé de 42 ans, sa femme Catherine a 33 ans. Leur aîné Joseph a 13 ans, Michel a 10 ans, Pierre 8, Noël 7, François 5, Marie 3 et Antoine 1 an. Ils ont une servante prénommée Élisabeth âgée de 14 ans.
Entre septembre 1663 et décembre 1709, mois de son décès, pas moins de 173 actes notariés témoignent d’une vie ponctuée d’activités pour la majorité de nature commerciale : pour lui ou pour ses enfants, des ventes et achats de terre voire de seigneuries, des ventes de blé, de canot et autres marchandises, des obligations, accords et quittances, des arrêtés de compte, des transports d’argent, des transactions de toutes sortes donc, avec des habitants et marchands tant de Québec que de Ville-Marie et même de La Rochelle.
Les huit fils d'Antoine Trottier prirent des noms différents à savoir : Desruisseaux, Beaubien, Desaulniers, Labissonnière, Bellecour-Bekourt, Pombert, Desrivières. Seul le plus jeune garda le patronyme Trottier.
Le lecteur qui veut en savoir davantage, peut lire les notes biographiques en ligne sur le site de la famille DeGaspé Beaubien,
4 , consulter aux
Archives nationales du Québec, les actes notariés microfilmés dont les notices sont tirées de
Parchemin, et, celles sur Pistard qui donnent accès à de nombreux actes numérisés provenant tant des archives notariales que judiciaires que des greffes des arpenteurs. Une compilation de ces notices au format pdf est déposée dans la section Biographies de notre site web.